Otobong Nkanga : L’Or, la Terre et les Corps

Née à Kano, au Nigeria, en 1974, et formée entre Lagos, Paris (École nationale supérieure des beaux-arts) et Amsterdam, Otobong Nkanga est l’une des artistes africaines dont l’œuvre s’est imposée avec le plus de force sur la scène internationale au cours de la dernière décennie. Son travail, qui traverse les médiums — installation, performance, tapisserie, dessin — est uni par une interrogation profonde des rapports entre le corps humain, la terre et les ressources naturelles.
Là Où Gît le Vent
Son projet Là où gît le vent, présenté à la Documenta 14 en 2017, a été l’une des œuvres les plus commentées de cette édition. Nkanga y explorait l’histoire de l’extraction de la potasse dans les Alpes tyroliennes — comment ces minéraux, extraits avec des techniques développées pendant la période coloniale, ont circulé entre l’Europe et l’Afrique, liant des économies et des corps dans une relation d’exploitation et de dépendance qui continue aujourd’hui.
“La terre n’est pas seulement un sol — c’est une mémoire vivante de toutes les violences et de tous les soinss qu’elle a reçus.” — Otobong Nkanga
Des Tapisseries comme Cartographies
Ses tapisseries — réalisées avec des tisserands professionnels selon des dessins préparés avec une minutie extraordinaire — sont parmi ses œuvres les plus saisissantes : des surfaces textiles denses, aux couleurs riches, qui cartographient les flux de matières premières, les corps en mouvement, les cicatrices géologiques et humaines de l’extractivisme mondial. Ces œuvres figurent dans les collections du Palais de Tokyo, du Broad Museum et de la Tate.



