Meschac Gaba : Le Musée comme Utopie Africaine

Qu’est-ce qu’un musée ? Qui a le droit d’en posséder un ? Ces questions, au cœur des débats les plus urgents sur la restitution des œuvres africaines, Meschac Gaba les a posées avec une intelligence et une poésie particulières dès la fin des années 1990, en construisant pendant plus d’une décennie son Museum of Contemporary African Art — un musée imaginaire, itinérant, construit de pièces en pièces dans les galeries et les institutions du monde entier.

Un Musée en Douze Pièces

Né à Cotonou au Bénin en 1961 et formé à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, Gaba a conçu son musée comme une œuvre d’art totale comprenant douze “salles” distinctes, chacune proposant une réflexion différente sur les relations entre l’Afrique, ses arts et le monde occidental : une salle de mariage (où il a épousé un ami dans le cadre de l’œuvre), une bibliothèque, une salle de jeu, une salle de bains. Chaque pièce est à la fois fonctionnelle et conceptuelle, réelle et fictionnelle.

“Je veux que mon musée soit un espace de jeu et de subversion — un endroit où les règles institutionnelles peuvent être remises en question.” — Meschac Gaba

Une Reconnaissance Internationale

L’ensemble des douze salles du Museum of Contemporary African Art a été acquis par le Stedelijk Museum d’Amsterdam, qui en a présenté une version complète en 2012. L’œuvre a également été exposée à la Tate Modern et dans de nombreuses biennales internationales. Gaba représente une voix critique indispensable dans le débat sur l’institutionnalisation de l’art africain.

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